À propos du Festival du Peu 2020,

Nous avions prévu cette année de nous lancer dans un thème joyeusement proche des fondamentaux du festival : "Presque rien" puis "Rien qu'un Peu" en ont été les formulations les plus abouties, avec un plateau réunissant des artistes de toutes origines et de toutes générations, croisant leurs pratiques sous forme de performance, installation, sculpture, peinture, photographie, danse.

Mais, à force de se rapprocher du RIEN, les circonstances nous ont pris au mot et ont forcé le thème bien au-delà de ce qu'on pouvait imaginer... Aussi, compte tenu du contexte sanitaire et économique provoqué par la crise du coronavirus, il ne nous a pas été possible de maintenir l’édition physique du Festival du Peu 2020, à notre grand regret.

Voulant penser que ce n'est que partie remise, le comité d’organisation a – quand même – décidé la réalisation d’un Peu "on line" en compagnie des artistes. Dans un premier temps, les contenus de cette édition manquante se dévoilent donc  sur ce site.

 

Avec les contributions diverses de Didier Balducci, Alain Girelli, Florence Guillemot, Didier Hays, Liselott Johnsson, Marie Larroque-Daran, Frédéric Pasquini & Magali Revest, Fabienne Roz, Jean-Charles Stora & François Mauplot.

Florence GUILLEMOT

 

Plasticienne

Née à Provins le 4 mai 1961

Vit et travaille à Saint-Raphaël (Var)

Tél. 06 09 39 27 99

Courriel : florenceguillemot9@wanadoo.fr

Site Web :  www.fguillemot.odexpo.com

 

 

La démarche

 

Intéressée par "le simple, l’ordinaire, le proche et leur mémoire", Florence Guillemot crée à partir d’objets du quotidien ou de l’environnement proche, mis en scène selon des techniques mixtes : dessin, collage, photographie, vidéo, couture.

Actuellement elle travaille avec le matériau cheveu, portée en cela par les notions de temps et de mémoire(s), ainsi que par ses caractéristiques relevant à la fois de la proximité et de l’universel.

 

 

Le projet

 

Presque rien ou si peu… Et tenter d’en sortir. C’est une série "Traits, très légères sorties de lignes", sorte de réflexion sur les notions de contraintes et de limites, lignes, cadres, etc.

Une série de dessins au crayon et au cheveu, cousu ou collé, aux formats divers, aux traits ténus et fins sur papier blanc.

Une fois fixés, tels quels, sans encadrement, sur un mur clair, blanc dans l’idéal, ils ne seraient nettement visibles qu’une fois qu’on s’en approcherait, provoquant la réaction lorsqu’on rentrerait dans la salle de se dire : "Mais… il n’y a rien ici !"

Beaucoup de ces dessins sont autour de la thématique de la maison. Ils ont été faits avant confinement. J’ai naturellement développé cette orientation, pendant le confinement, pour l’après confinement…

Formats de 15x15 cm à 50x35 cm

Traits tirés 3D, Maison et cheveux tirés sur aiguille.

Marie LARROQUE-DARAN

 

Plasticienne

Née en 1980

Vit et travaille à Nice

Tél. 06 13 39 55 95

marielarroquedaran@gmail.com

https://www.marielarroquedaran.com

https://www.instagram.com/marielarroquedaran/?hl=fr

 

 

Démarche / Projet

 

Marie Larroque-Daran crée des chrysalides évoquant une aventure humaine faite de profondes transformations internes. Elle propose ce qu’il en reste à travers sculptures et installations : la trace de ce qui a eu lieu. Désorganisations composites d’enveloppes charnelles et os abandonnés en chemin, ses mues aux allures de vestiges archéologiques sont des captations d’instants transitoires de métamorphoses biologiques et immatérielles.

 

L’artiste borde en ciment filaire l’espace laissé vide par cette trajectoire de la vie en s’appropriant le "vide porteur" comme matériau de l’œuvre. Privilégiant un usage non conventionnel du béton, elle creuse, arrache, lisse, déchire, peint jusqu'à "scalper les illusions" d'un monde contemporain décadent, activant ainsi un répertoire technique guidé par le choix du matériau de base comme par sa vision personnelle. En invitant à caresser la matière, qui offre alors d'inattendues douceurs de porcelaine, elle sublime le sens organique manifesté par la "peau de béton" issue de ce travail.

 

Ses pièces suspendues, avec leurs dentelles figées, figurent les ultimes images d'êtres rongés de l'intérieur, alors que la pratique d'un dripping en trois dimensions permet de saisir des instants de vie dans le béton frais afin de stigmatiser les métamorphoses sociales ou humaines trop rapides pour être maîtrisées. Enfin, une certaine substance de l’œuvre – le fameux "reste qui manque" – peut toujours se dérober au regard d'un spectateur qui devra choisir son attitude, entre rêverie poétique et fantasmes inquiétants... Autant de voies ouvertes pour explorer l’énigme du vivant et de la création.

Les Semblables, projet d’installation : sculptures de Jean-Charles Stora, photographies de François Mauplot.

Jean-Charles STORA

 

Sculpteur

Né en 1955 à Alger

Vit et travaille à Castagniers

Tél. 06 62 58 05 51

jeancharlesstora@gmail.com

https://jeancharlesstora.com

 

Photographies de François MAUPLOT

 

 

La démarche

 

Ils sont des centaines alignés dans une immobilité identique, Semblables qu'ils sont à une foule carnavalesque figée et grotesque. Petits objets de riens, faits de restes. Si les surréalistes ont utilisé l'écriture automatique, c'était bien pour échapper, du moins le pensaient-ils, à la conscience de l'écriture. Breton liait ses expériences à la psychanalyse et aux théories de Freud, "faire parler le subconscient".

Lorsque Stora "bricole" les bouchons, les cols de bouteille en étain, les restes d'une table après le repas et que les conversations s'animent autour de sujets légers ou plus complexes, ses mains, sans autre conscience, manipulent, coupent, grattent, assemblent. Comme de grands échassiers à trois pattes, les Semblables emplissent l'espace entre le verre et l'assiette. Lorsque tout est éteint sur le champ de la table encore animée des paroles et des idées du diner, ils envahissent les rêves.

Nés sans logique, de l'absurde assemblage de restes, ils ne sont pas sans rappeler les solutions imaginaires de la Pataphysique d’Alfred Jarry, au sens ou Jean-Charles Stora construit du réel dans l'absurde. Si les Semblables naissent en fin de repas dans l'euphorie des bonne bouffes, c'est peut être que les mains à ce moment précis se libèrent et s'éloignent du conscient, que le sculpteur modèle enfin par instinct libre. L'avènement de la sculpture automatique comme André Masson et son dessin.

Stora, dont l'esprit modèle la matière, la réfléchit, la conceptualise, la formalise, montre, avec les Semblables, que les mains sont encore libres.

François Mauplot

 

 

Le projet

 

Petites choses et petits riens, tous composés des mêmes éléments et tous différents vers une rencontre singulière. Alignés ensemble les uns derrière les autres, au long d’une étagère blanche à la rencontre de leur image. Les photographies de François Mauplot sont le deuxième élément de l’installation : images de grandes dimensions en très haute définition, qui subliment la réalité de ces petits riens. Il y a comme une transmutation du Semblable au travers du changement de l’échelle et la position de l’observateur. C’est à se pencher sur les riens ou à être dominé par les choses que se fait la rencontre singulière.

les autres artistes à suivre ...

Didier Balducci—Alain Girelli—Didier Hays—Liselott Johnsson—Frédéric Pasquini / Magali Revest

—Fabienne Roz—

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