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| Martin
Caminiti
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Sans titre |
L'humour de Caminiti, loin de toute amertume
et de toute aigreur, était déjà traversé par cet
esprit positif qui lui confère presque toujours
une qualité ludique et joyeuse, une "bonne
humeur" inventive dont on retrouve la trace
dans l'ensemble de sa production. Cette
fraîcheur enjouée est assez rare pour être signalée dans le
contexte quelquefois hermétique et pesant de l'ironie postconceptuelle caractéristique de l'art en France à la fin des années
quatre-vingts.
Mais ce qui constitue la véritable originalité de Martin Caminiti, au delà des références qu'il fait à la lignée des artistes manipulateurs d'objets et jongleurs de concepts, c'est la relation spéciale qu'il entretient comme sculpteur à la notion d'espace. Ses collages fonctionnent d'une manière métamorphique à partir d'un objet originel, retravaillé, augmenté, étiré comme une projection spatiale qui conserverait toujours le souvenir d'une bidimensionnalité initiale. C'est ainsi que l'aspect aérien et l'élégance nerveuse de la majorité des pièces évoquent souvent la netteté incisive et sans repentir de l'épure. Ces qualités esthétiques particulières tiennent évidemment aussi à la matériologie propre à cette sculpture : scions de canne à pêche en fibre de verre, lames de bambou, fil de nylon ou d'acier ... Comme la modulation du trait est souvent produite par une tension qui dessine la courbe, aucune mollesse ne vient dégrader la dynamique de la construction graphique qui forme à partir du ready-made originel l'augmentation spatiale de la sculpture. Le corps de la sculpture est ainsi paradoxalement donné à voir comme une évanescence signifiée par le dessin qui le matérialise dans l'espace. Les pleins et les déliés du trait indiquent alors avec élégance, dans ces dessins spatiaux le caractère mental de toute figuration dessinée. JEAN-MARC RÉOL, DIRECTEUR DE LA VILLA ARSON, |
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