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Michel Houssin se consacre
uniquement au dessin depuis 22
ans. Avec la peinture ce qu'il a
quitté, c'est la toile et son châssis.
Son domaine désormais est celui
de la feuille. S'il se consacre à des
Études comme dans les récents
portraits de ses étudiants de la
Villa Arson de Nice, il se donne les
limites d'un temps mesuré et
conserve le format commercial du
papier. Ses oeuvres dessinées en
revanche se donnent le format
nécessaire au déploiement de leur
espace imaginaire, de la taille
intime de certaines Broderezh, de
Nuages ou de paysages aux très
grands espaces de papier utile au
dévoilement des Foules.
Son attitude fondamentale vis-à-vis
du monde se trouve définie dans
un besoin constant de restitution
qui dépasse les apparences. Face
à un spectacle donné, humain ou
paysage, il ressent cette envie de
s'approprier ce qu'il sent comme
du réel en fuite. Symboliques de
cette fugacité, les Nuages qu'il
poursuit dans cette nature où il ne
s'ennuie jamais et qui se modifient
avant qu'il ne puisse les saisir. Face
à cette difficulté le noir et blanc
apparaît comme conservateur
d'une qualité d'émotion qui
dégage le réel de ses impuretés
narratives de son poids
d'anecdote.
EXTRAITS ISSUS D'UNE INTERVIEW DE MICHEL
HOUSSIN PAR CHRISTIAN GATTINONI, IN ART ET
THÉRAPIE N°74-75 (NOIR ET BLANC TOME 1),
OCTOBRE 2001 |
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