la thématique
un peu de nature

les soirées
et nocturnes


La thématique 2006

au fil de l'art et de l'histoire

Le thème de cette édition 2006 est la nature. Comment la nature s'est-elle inscrite dans l'art selon les périodes de notre histoire ? En voici un bref aperçu...


Lorsqu'au XIXème siècle, on découvrit, en Espagne, les premières oeuvres pariétales, les archéologues refusèrent de croire que des représentations d'animaux aussi vivantes aient été exécutées à la Préhistoire. Ces représentations avaient sans doute une fonction magique mais leur force en font de véritables oeuvres d'art.

Les peuples de l'Antiquité représentèrent le nature différemment.
Pour les Egyptiens, le peintre devait tout représenter le plus distinctement possible. Il n'hésitait donc pas à adopter différents angles de vue dans une même oeuvre (un arbre de profil, un bassin vu de haut...).

Les Grecs représentèrent d'abord la nature comme décor de scènes de la vie civile et militaire. A la période hellénistique, ils adoptent une peinture plus décorative qui évoque les plaisirs de la campagne. Des fresques, des mosaïques ornent les maisons des citadins grecs ainsi que celles des Romains. Ces oeuvres ne sont pas de simples miroirs de la nature, elles sont de libres interprétations poétiques.

Au Moyen Age, l'art est religieux. Le paysage accompagne les scènes bibliques.

A la Renaissance, des paysages, représentations profanes, apparaissent discrètement par les fenêtres ouvertes des tableaux religieux (Van Eyck, Memling...). Nos notions de perspective se mettent en place. L' art perd peu à peu sa fonction essentiellement sacrée. Le paysage autonome apparaît.

Au XVIIème, dans la peinture hollandaise, le paysage (miroir sensible de la nature) s'épanouit (Rubens...).
Au XVIIIème, la nature devient espace de plaisir, de loisirs. Nature et sentiments se mêlent (Watteau, Fragonard, Gainsborough...).

Les hasards heureux de l'escarpolette
ou The Swing, 1767
Jean-Honoré FRAGONARD

Au XIXème, différents mouvements se succèdent. Tous célèbrent, à leur manière, la nature. Les néoclassiques imitent l'art antique, les romantiques tiennent à transmettre leurs émotions, leurs représentations de la nature sont volontiers tragiques, pathétiques (Goya, Delacroix, Géricault...).

Marine côtière, Théodore Géricault

Dans les années 1840 les artistes sortent de leur atelier : la peinture de plein air est née. On parle alors de peintres naturalistes ou réalistes (Courbet, Ecole de Barbizon...).

Les impressionnistes par touches rapides donnent une image esquissée de la nature, tout est dans les effets magiques de l'atmosphère et de la lumière qui ont une importance plus grande que le sujet lui-même.

Les post-impressionnistes (Cézanne, les pointillistes, Van Gogh, Gauguin....) ouvrent la voie à la peinture moderne.

Au XXème siècle, les fauves pensent que couleur et forme ont un contenu expressif indépendant du modèle naturel (Matisse, Derain...). Certains peintres pensent que le cubisme et son système abstrait des formes est le seul style capable de fixer le paysage industriel (Léger, Delaunay...). Dali définit ses œuvres comme des photographies en couleur faites à la main de rêves surréalistes.

Les Montagnes de Collioure (détail), 1905
André DERAIN

La nature au XXème et en ce début de XXIème siècle est prétexte à recherches plastiques : photographies, sculptures, installations, images numériques... Le Land Art, L'Arte Povera à partir des années 60 imposent une nouvelle réflexion sur l'environnement menacé. Les artistes (Christo, Vérame, Long, Smithson, Ramette....) œuvrent à l'échelle du paysage, transforment le monde ou se retrouvent derrière leurs écrans d'ordinateur pour inventer un nouvel art...